LES GRANDS MOMENTS DU FCSM
Coupe de France et Vice-champion 1937 (suite)




Avec les premiers jours de l'année 1937, l'O.M. reprend meilleure mine et plus grande vitalité. Zatelli, son jeune avant-centre, surnommé "le beau Mario" pour son regard de velours, sa chevelure aile de corbeau, et son mollet musclé, effectue une rentrée tonitruante contre le R.C. Roubaix auquel il marque quatre buts. Puis c'est l'ailier gauche hongrois Weisskopf qui prend la relève ; trois buts à Paris devant le Red Star taillé en pièces 5-0, trois buts contre Strasbourg qui était pourtant l'un des grands rivaux. Une nouvelle victoire le 28 Mars, contre Fives (1-0, but d'Aznar) pour un match capital. Seuls les sochaliens résistent encore... le 18 Avril, Marseille possède 4 points d'avance et paraît définitivement hors de portée.
Pourtant c'est d'un souffle que le vieux club marseillais arrachera sa première couronne de champion de France à Sochaux, après avoir bien failli échouer sur le fil d'arrivée comme l'année précédente : l'ultime rencontre se joue d'ailleurs entre les deux rivaux au stade de l'Huveaune où Sochaux (qui sort d'une finale de Coupe assez épuisante) parvient à infliger une défaite très vexante à son adversaire, grâce à une tête de Roger Courtois. L'O.M. triomphe quand même grâce à son goal-average supérieur : 1,77 (69 buts marqués, 39 buts encaissés) contre 1,31 (55-42).





Finale de Coupe 1937. Roger Courtois au centre, l'avant-centre
de Sochaux, menace le gardien de Strasbourg, Mayer
En ravissant le titre au F.C. Sochaux, les Marseillais ont privé le grand club doubiste d'un doublé Championnat-Coupe qui était à portée de sa main, et qu'il ne parviendra plus par la suite à décrocher. Mais les sochaliens d'Etienne Mattler se consolent avec la Coupe de France que le président Albert Lebrun leur a remise le dimanche 9 Mai à Colombes, au terme d'une autre bataille acharnée livrée aux Strasbourgeois.
Pour en arriver là, Sochaux a beaucoup souffert, ses meilleurs joueurs sont tombés les uns après les autres, tout au long de la saison : Trello Abbeglen d'abord, indisponible jusqu'au mois de Février, puis Roger Courtois blessé pendant sept semaines au cours de l'hiver, Pedro Duhart qui ratera la finale pour une entorse du genou suivie d'une opération du ménisque. En huitième, la formation franc-comtoise doit attendre la prolongation pour éliminer Sète (3-2) ; en quart de finale, il lui faut disputer deux matches pour venir à bout des Cannois : et en demi-finale, devant Boulogne trop faible, Dieu merci et écrasé 6-0, elle a dû jouer sans Lehmann suspendu, sans Courtois et Belko blessés.
Le R.C. Strasbourg, lui, est par contre en pleine santé. Ni le Red Star en quart, ni Rouen en demi-finale, n'ont fait le poids devant une équipe alsacienne solide où souffle en attaque un ouragan nommé Ossi Rohr, l'avant centre allemand qui, par sa force herculéenne, ses tirs et ses coups d'épaule peut à lui seul faire voler en éclats les systèmes défensifs les mieux cadenassés.
Avec ce bloc solide comme le grès des Vosges, le R.C. Strasbourg va causer longtemps des frayeurs aux 3 000 supporteurs sochaliens accourus à Colombes. D'entrée, Rohr place un terrible punch et donne l'avantage aux Alsaciens. Mais Lauri égalise peu après sur un centre de l'ailier gauche anglais du F.C. Sochaux, Williams. Déjà on se prépare à la prolongation, lorsque Lauri la "Flèche d'Or", file le long de sa touche et traverse la défense strasbourgeoise avant d'effectuer un centre précis. Et c'est Williams qui, de la tête, offre la victoire et une voiture coupé 201 Peugeot aux Sochaliens, alors qu'il ne reste plus que deux minutes à jouer. Di Lorto le bondissant, Etienne Mattler le Vieux Lion et Szabo, l'éléguant demi centre hongrois au visage marqué d'une'tache de vin", ont su contenir Rohr la tempête. L'attaque sochalienne, avec son jeu précis, rapide, classique, a fait le reste. Il est décidément écrit que Sochaux et Marseille se livreront constamment un étrange chassé-croisé : en 1935-1936, Sochaux avait gagné le Championnat, et l'O.M. remporté la Coupe ; cette fois-ci, les rôles et les couronnes sont inversés. Un an plus tard, l'étrange ballet des maillots blancs et des maillots boutons d'or se poursuivra encore...



Le classement final du Championnat 36/37